Commentaires sur le droits de la femme au Maniema (bastion de l’islam)

J’ai fait ce commentaire à l’occasion de la clôture officielle du projet Réseau Décentralisé de Communication Citoyen (RD2C). C’était au cours d’une soirée riche en couleur qui s’est déroulée samedi 17 octobre à l’espace Mont des Arts à Kinshasa.

Bonsoir à tous, 

Je m’appelle Chadrack Londe, je suis Journaliste. J’ai animé plusieurs débats le deux dernières années sur diverses thématiques dans le cadre du Projet Réseau Décentralisé de Communication Citoyen, mise en œuvre par la NSCC, la FRPC et RFI Planete Radio avec le financement de l’Union Européenne.

L’une des thématiques porte sur les droits de la femme.

Je viens du Maniema, l’une des 26 provinces de la république démocratique du Congo, située au centre-est du pays, avec pour chef-lieu la ville de Kindu. Elle a ete créée en 1988 lors du démembrement de l’ancienne province du Kivu. Mon Maniema natal a une population estimée à plus de 2 333 000 habitants.

Puisqu’il m’a été demandé de faire un commentaire sur les des droits de la femme, je tiens à exprimer ici ma compassion à toute les femmes, à la suite de la situation macabre qui a eu lieu au courant de cette semaine à Kindu, où une femme, une mère des enfants a été poignardé à plusieurs reprises par son ex-marie.

La pauvre est morte tout simplement parce que cherchant à voir les fruits de ses entrailles bénies et le Monsieur va l’empêcher en lui ôtant la vie devant ses enfants.

Des situations pareilles, nombreuses d’entre elles non documentées se déroulent  chaque jour dans la province du Maniema et peut-être, partout à travers le pays.

Le berceau de l’islam en république démocratique du Congo est la province du Maniema.

Comme vous le savez tous, aux yeux de certains, l’islam serait la religion qui opprimerait les femmes ; la femme musulmane vivrait en marge de la société, dans une situation d’infériorité, dominée par l’homme et empêchée d’évoluer.

Dans mon Maniema natal, des nombreux notables et nombreuses personnes soutiennent ces considérations contre la femme. Celles-ci renforcent aussi les coutumes des plusieurs tribus locales.

Ceci fait que dans une province arabo-Musulmane qui est le Maniema, la femme n’a pas des places dans plusieurs coutumes, pourtant elle est majoritaire 52 % des femmes 48% des hommes (selon les données issues de la dernière révision du fichier électoral). 

Face à ce tableau sombre, durant les deux dernières décennies, plusieurs femmes leaders conscientes de cette situation se sont engagées dans un grand combat pour 

  • Lutter contre toute forme de discrimination à l’égard de la femme et la jeune fille,
  • permettre aux femmes de se retrouver dans des postes des décisions.

En ce qui concerne la lutte contre la discrimination,

des avancées significatives sont à signaler. Je vais citer à titre d’exemple, la scolarisation de la jeune fille, l’accès à l’emploi par les femmes… ainsi de suite. Je dois souligner ici que si ces droits sont respectés dans des milieux urbains, la situation  reste très critique dans le milieu rural.

En ce qui concerne l’accès à de poste de prise de décision, 

Au Maniema, les dernières élections ont été une opportunité pour certaines d’entre les femmes de marquer leur entrée dans la scène politique. Deux d’entre elles siègent comme députées provinciales, l’une d’elle préside même l’organe délibérant de la province. Une seule est Ministre Provinciale du genre. Il y’a encore deux ans (avant 2018) la situation était plus que catastrophique.

Malgré des efforts consentis, la situation de la femme du Maniema est encore compliquée. Pour des nombreux analystes, ces derniers avancements dans le combat de la femme ne suffisent pas. Il faut de plus en plus d’efforts, encore plus même pour que la parité ou l’égalité entre l’homme et la femme ne reste pas un simple slogan dans mon Maniema natal et pourquoi pas à travers le pays. 

Avec la volonté de tous, nous devons continuer à créer le débat dans nos sociétés comme ce fut le cas durant les deux dernières années, grâce au programme rd2c.org. Je suis d’avis qu’en mutualisant nos efforts, acteurs de Medias et organisations de la société civile avec l’accompagnement des bailleurs de fonds soucieux du changement comme l’Union Européenne, nous sommes sûrs de changer les choses en développant de plus en plus d’approche. 

Aksanti sana

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